Humeur 2

L’année dernière, à peu près à la même période, je publiais un « post » sur les hésitations des acteurs du marché (de l’emploi) juridique, entreprises et candidats et prônais la nécessité d’avoir une certaine forme de « courage »

Aujourd’hui, aucun doute n’est plus permis, force est-il de constater qu’il ne se passe pas grand-chose même si nous sommes en période des définitions budgétaires. Ces mêmes acteurs sont tétanisés à l’idée même d’envisager le recrutement d’un nouveau collaborateur ou d’envisager concrètement une évolution. Le marché est en passe de devenir totalement statique.

Au mieux, est-il envisagé de remplacer un poste qui devient vacant si les budgets le permettent, quant à créer un poste supplémentaire, personne n’y songe véritablement à l’exception d’une nécessité liée à une évolution significative des entreprises dans leurs marchés ou un changement de leurs périmètres.

Seule la création de fonction reste encore une dynamique de marché.

Plusieurs causes peuvent être contributives à ce phénomène :

  • Pour les entreprises aux fonctions juridiques matures, un « optimum » atteint pour couvrir ses besoins internes en « services juridiques ». 
  • Une crise sanitaire qui a occulté les perspectives économiques des entreprises – sans oublier celles dont les secteurs d’activités ont été très fortement impactés par cette même crise.  
  • Les réorganisations des fonctions juridiques sous l’impulsion en particulier de la digitalisation de celles-ci.
  • Les acteurs « candidats » qui se sont très souvent « hors cadre » habituel de leur travail en temps partiel, en télétravail ou parfois licenciés.

Et quelques conséquences possibles :

  • Une faible création de postes sauf cas de remplacement pour ceux qui sont « indispensables » au maintien d’un certain niveau de service juridique.
  • L’absence de perspectives économiques a laissé aux services financiers toute latitude pour imposer leurs dictats en termes de moyens accordés aux fonctions juridiques (tout comme à certaines autres fonctions).
  • Des rationalisations/optimisations de l’organisation des fonctions juridiques qui ont entraîné soit des suppressions/ non-reconductions de postes soit des externalisations de certaines spécialités.
  • Des candidats qui doutent à la fois de la pérennité de leurs postes et qui éprouvent aussi une vraie appréhension à revenir au schéma antérieur de l’organisation de leur travail – au sein de l’entreprise – en point limite, qui ne retrouve pas la « motivation » pour y revenir.
  • Un turn-over des effectifs quasi inexistant qui soulève du côté de l’entreprise et des managers la question des évolutions en interne de ceux-ci et des apports générés par un turn-over naturel ceci au détriment d’un enrichissement.
  • Un développement des contrats de courte durée, « d’interim management » pour répondre à des besoins immédiats. 

Si le marché continue sans dynamique que ce soit en volume ou en qualité de ses acteurs, les fonctions juridiques risques fort de se retrouver démunies face aux nouveaux enjeux qui s’imposent à elles (A titre d’exemple : Le Droit de la Concurrence et le numérique).

Heureusement, chaque crise est suivie d’une embellie. Aussi, convient-il de rester optimiste pour les prochains mois.